Le Paysage culturel du Morne, à l’Ile Maurice, est un des plus importants sites inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco. Il est dédié au marronnage et à la résistance à l’esclavage pour la Liberté. Cela est dû au nombre important d’esclaves en fuite qui s’y sont regroupés au point d’être réputé à l’époque déjà, sous le vocable de République des Marrons. Cette entreprise fut le fruit d’un courage considérable, de bravoure, de stratégie et du savoir-faire des Marrons dans leur combat pour rester Libres dès le début de la colonisation du sol. A ce jour si l’on sait que les Arabes, grands trafiquants d’esclaves furent les premiers de l’histoire actuelle  à mentionner l’île Maurice, on n’en sait pas plus sur cette période car les textes s’y référant sont à la principauté d’Oman en arabe. Ainsi les premiers esclaves arrivés dans l’île seraient ceux des Hollandais vers les 1598 ou après.

Nous soutenons cet important Patrimoine Mondial et la thérapie des séquelles de l’esclavage depuis plusieurs décennies. Notre contribution inclut la pétition afin que les sentiers de ce patrimoine, de la base au sommet de la montagne soient ouverts au public selon les indications officielles du Plan de gestion du Morne. Après avoir correspondu et dialogué pendant 9 ans avec les autorités, tout en faisant de la  conscientisation sur ce propos, nous sommes reconnaissants que ces sentiers soient enfin ouverts. Nous en parlerons dans la troisième partie de la trilogie.

Inscrit à la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008

Inscrit à la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008

Avec l’ouverture du plus important des sentiers de ce patrimoine au public, nous pensons que le temps est venu de vous communiquer une partie de la tradition orale qui s’est transmise malgré la conspiration du silence. Ces histoires sont très importantes pour la catharsis qui doit encore se produire dans l’île afin de susciter une profonde transformation à partir des dynamiques de l’archétype maître-esclave. Ce qui se passe ici peut servir d’exemple pour des processus semblables sous d’autres cieux marqués par des scénarios de même type. Mais avant de partager avec vous plus d’informations essentielles sur ce site du Patrimoine Mondial, nous vous invitons à un voyage dans le temps.

Vers les 1850, ou juste avant, un massacre eut lieu au sommet de la montagne du Morne. Ainsi naquit une légende qui perdure encore de nos jours. Personne ne sait avec précision ce qui s’est passé et pourquoi. Mais cette histoire ici à la première personne soit ‘La Reine des Marrons’ est inspirée des interviews que nous avons menées avec les descendants des esclaves et des Marrons qui vivaient dans le Paysage du patrimoine du Morne.

 

LA CHUTE & LA REINE DES MARRONS

“Mon cœur bat la chamade, ma peur donne dans la démesure, je me sens piégée, la mort est là…le danger dans toute sa terreur nous enveloppe, l’air lourd se raréfie. Je suffoque et prie par désespoir, mais je sais que le destin est là, que rien ne pourra l’éviter.., c’est trop tard. Peut-on survivre à ce carnage, qu’est-ce qui en restera…? Pourquoi maintenant tandis que nous allions être totalement libres?

Je lui ai expliqué que je ne puis lui donner mon corps car j’ai fait une promesse de fidélité à notre chef, je suis sa femme. Je suis leur Reine, la Reine du peuple libre; les derniers ici. Je ne puis briser cette promesse, sinon tout le respect pour lui et ce que je suis pour lui seront perdus à jamais. Je suis leur modèle, le rempart des anciennes valeurs. Pourtant il insiste encore et encore, me menaçant des conséquences pour tout notre peuple si je persiste à me refuser à lui. Comment pourrais-je expliquer ce qu’est l’enjeu?

Qu’importe ce que je ferai, je suis prise au piège. Il n’y a aucune sortie, nous sommes tous pris. Pourquoi? C’est si injuste, si cruel. Mais POURQUOI? Si je donne mon corps, je briserais ma promesse au chef de mon peuple, si je ne le fais pas, ce prétendant risque de nous trahir. Et ainsi je deviendrai celle qui est responsable de la destruction de mon peuple, la cause de leur mort atroce. Il a eu sa revanche; il n’a pas accepté mon: “NON”. Il nous a trahis. C’était sa façon de me punir de ne pas m’être donnée à lui, le pire des châtiments qu’un humain puisse endurer. Qu’ai-je fait? Qu’aurais-je pu faire pour prévenir cela? Pourquoi fallait-il qu’ils meurent tous? Parce qu’il ne pouvait pas m’avoir? Pourquoi? Il y avait-il un autre moyen? Que ce serait-il passé si les gens avaient réalisé que leur reine avait abandonné? Je ne savais pas qu’il allait vraiment passer à l’acte. Qu’il nous aurait tous trahis pour assouvir sa vengeance  et du coup détruire tout ce que nous avions sacrifié pour la Liberté de tous!

Quelques heures avant leur arrivée, je pressens la venue de ces hommes avides de sang, les nuages s’assombrissent, la Nature fait silence. Une horrible appréhension alourdit l’atmosphère. J’ai alors su qu’il l’avait fait! Il leur a indiqué le sentier secret. Il leur a donné la carte et leur a montré le chemin vers notre Havre de Liberté. Ils sont un petit groupe,vociférant de nervosité, tout en riant de haine et de vengeance. Ils savaient que nous les entendions. Ils se réjouissaient de notre effroi.Ils hurlaient victoire. Enfin ils se vengeaient d’avoir eu à accepter notre résistance à leur contrôle, à ne pas devenir leur chose.

D’où leur vient ce droit de soustraire brutalement notre vie? Mon cœur bat plus vite. Je peux entendre leur pas, là; je sais qu’ils sont proches. Les premiers coups de feu, les premiers cris. Il y a des mamans avec leurs petits enfants parmi nous. Les hommes sont allés au choc. Les sons de terreurs sont assourdissants, tétanisant. Que cela s’arrête! Mais ça s’étire dans une éternité!

Le temps se fige. Nous sommes pris au piège, sans recours. Aucune issue. Nulle part où se cacher. Ils savent que nous sommes là. J’entends sa voix, La voix du traître. Il harangue mon nom à mon peuple disant que tout est de ma faute. Qu’à cause de moi nous allons tous mourir. Il hurle que j’aurais dû l’avoir écouté, qu’il aurait été le bon chef; que mon orgueil était l’obstacle. C’est sa façon de m’apprendre qu’il est le patron, de me prouver que c’est lui le maître dans ce monde, qu’il contrôle la vie et la mort. Il me force à regarder tandis qu’ils meurent les uns après les autres. Je vois la terreur dans leurs yeux. A chaque âme qui quitte ce monde, sa douleur me pénètre, ainsi ma culpabilité et mon horreur s’intensifient. Il le sait et s’en réjouit. C’est son ultime revanche de ne pas m’être offerte à lui. Il veut que je la ressente jusqu’à la moelle. Le plus intense la torture, le plus intense sa satisfaction. Je prie et prie pour que cela s’arrête. Que puis-je faire? Je suis là, désespérée. Je n’ai pas le pouvoir de sauver leur vie. Je n’ai pas le pouvoir d’arrêter la Bête. J’ai le vertige du désespoir absolu.

Je continue à prier, mais l’unique sortie c’est la mort. Je prie pour les âmes de mon peuple. La promesse de liberté pour laquelle on s’est battu avec tant de sacrifices, nous est maintenant enlevée dans ce saccage de brutes. Je suis la dernière à y passer.

Il y a du sang de partout. Les enfants me fixent avec leurs yeux hagards où l’esprit a disparu, le corps insensible, telle une âme sans étincelle sombrée dans une éternelle tristesse. Pas un bruissement. Le ciel est silencieux, même les animaux retiennent leur souffle. Il vient vers moi. Je hurle “NÔOON”. Avec tout son soufre, le diable dans chacun de ses traits, il me murmure à l’oreille: “Femme c’est tout de ta faute, imbécile”. Je tombe à genoux, je veux qu’il me tue mais il s’y refuse. Il clame aux blancs aux fusils: “Sirtou na pa touil li! (ne la tuez surtout pas), laissez-la tout voir, laissez-la s’abasourdir de sa culpabilité, laissez-la mourir de chagrin, du remords de sa faute. C’est sa punition!”

Au-dessus de moi l’ange-oiseau vole de ses ailes blanches, avec lui je franchis dans le vide. Mon corps chute alors que mon esprit s’élève. Je vole au loin, au pays de l’Esprit de mes Ancêtres. Mon cœur est brisé. Quel sens reste-t-il encore à la liberté pour laquelle nous nous sommes battus avec tant d’acharnement tandis qu’on nous enlève notre vie par un acte de vengeance?”

La promesse d’une véritable Liberté pour laquelle les Marrons se sont battus et pour laquelle ils sont morts perdure à ce jour! Cet espoir ne se réalisera que par les actions que nous, les générations actuelles et à venir entreprenons pour guérir ces blessures, résoudre la faille entre les gens, transformer les scénarios sous-jacents et transmuer les archétypes qui ont donné naissance à de telles souffrances. L’archétype des Marrons est le code par lequel le codage de l’esclavagisme et l’oppression se transmutent. Dans le Marron nous retrouvons la compréhension essentielle de la Liberté, le savoir profond, qu’elle nous est intrinsèque. Que rien et personne ne peuvent changer ce que nous sommes et manifestons car cela est le droit du vivant!

 

CERTAINS ASPECTS DE L’HISTOIRE DU MARRONNAGE À L’ÎLE MAURICE

esclavageLes archives de Maurice témoignent du marronnage dès 1700, et même avant, lorsque les Hollandais introduisent les premiers esclaves sur l’île. Il reste un flou sur ce qui se serait passé quand les Arabes, grands esclavagistes dans la région, découvrirent l’île en 975. En effet, les archives de cette période seraient au Sultanat d’Oman, en arabe, et attendent d’être interprétées ou traduites. Les Hollandais arrivent à l’île Maurice en 1598 avec l’Amiral Wybrandt van Warwyck mais ne s’y installent qu’en 1638. Les Hollandais ont finalement quitté l’île en 1710; pour cause: les esclaves Marrons qui les harcelaient, les rats et les mauvaises récoltes qu’on peut associer aux sécheresses correspondant au mini-âge glacier qui sévissait. Après quoi, les esclaves amenés par les Hollandais, retrouvent leur liberté pour une courte période.

Monument officiel du patrimoine du Morne

Monument officiel du patrimoine du Morne

Les Français en 1715, par les actions de Guillaume Dufresne d’Arsel en route vers l’Inde, occupent l’île qui devient l’Isle de France. Ils bénéficient de la fin du mini âge glacier. De presque rien ils en font avec LaBourdonnais une base navale solide qui sera pendant la guerre d’indépendance des Etats Unis le havre d’où s’élanceront les troupes françaises. Alors, on y répare ou arme quelque 300 bâteaux grâce à la main d’œuvre servile, soit 30,000 esclaves composant 81% de la population. Sous le commandement de Suffren ils font donc échec aux anglais en Inde dans la stratégie de la guerre indirecte pour l’indépendance américaine. Ces belles victoires auxquelles contribuent des esclaves dans l’espoir d’être libérés obligeront les Anglais à prendre l’île à la première occasion. Pendant la période française de 1789 au 20 mai 1803 a lieu la parodie de la libération. En effet, les esclaves sont libérés pour être enchaînés à nouveau quelques années après au gré des lois françaises changeant selon les régimes de la France. Les Britanniques, en 1810, avec quelque 70 navires et 10 000 troupes, prennent possession de l’île. Ils abolissent l’esclavage le 1er février 1835, mais cet esclavage persiste illégalement pendant environ 30 ans ou plus dans l’île.

L’histoire orale des Marrons qui vivaient sur Le Morne a de nombreuses versions. Elles varieraient selon le but de celui qui raconte. La version officielle voudrait que les soldats anglais montèrent au sommet de la montagne suite à l’abolition de l’esclavage afin de partager la bonne nouvelle avec les Marrons pour leur dire qu’ils peuvent dorénavant sortir de leur repaire secret. Les Marrons voyant les soldats venir et se croyant piégés et craignant d’être repris, ont préféré se donner la mort en sautant de la falaise dans le vide.

Nous récusons cette version, car d’une part sa seule source est une publication dans un journal des colons de l’époque et d’autre part les Marrons auraient été en contact constant avec l’évolution de la légalité de l’esclavage. En effet, par leurs pillages des colons environnants, ils auraient été conscients que l’esclavage était sur le point d’être définitivement aboli. De surcroît les Marrons étaient aussi en contact avec les blancs ou les libres [1] qui les soutenaient ou qui étaient esclaves à la base de la montagne. Ils auraient donc été au fait de la réalité du jour.

Notre recherche parmi les descendants de Marrons et d’esclaves du Morne, de Cotteau Raffin et de La Gaulette a révélé que ce n’était pas les soldats anglais qui sont montés le jour du suicide de masse, mais des propriétaires français d’esclaves qui depuis longtemps recherchaient le sentier menant au repaire des Marrons. On nous a parlé d’une trahison par l’un des Marrons suite à une dispute pour une femme. Il parait qu’il aurait révélé aux Français maîtres d’esclaves, la voie vers les repaires des Marrons tant dans les grottes que sur le sommet de la montagne. Une des versions raconte que: “zenfans ti jet avant”[2] les enfants auraient été précipités du haut de la falaise en premier. Ainsi lorsque l’on aurait donné aux Marrons, au sommet de la montagne du Morne le choix sadique de la mort par la torture ou la mort en sautant dans le vide, beaucoup ont sauté tandis que les autres ont été tués. Bakker et Odendaal dans leur article citent comme référence à cet acte de trahison Le Mauricien du 18 Février 1853. Ils nous disent:

“C’est au sommet de la montagne, sur un plateau en pente que l’on considère que les Marrons ont vécu dans de petites habitations ou des grottes. De là ils auraient survécu en pillant le bétail et les produits des fermes coloniales d’en bas et en  s’abreuvant aux ruisselets d’en haut. C’est de là qu’ils pourraient s’être échappés dans l’espoir de rejoindre Madagascar et l’Afrique (patrie de certains), dans de petites embarcations en passant la barrière de corail à travers deux ouvertures stratégiques. Dans la littérature on parle de ladite “République des Marrons” sur Le Morne. Là où les esclaves en fuite dans ce lieu libre d’esclavage, ont formé une nouvelle communauté. Au fil du temps, une fois le secret du passage trahi, des affrontements ont eu lieu sur le sommet entre les Marrons et les maîtres, ainsi qu’avec la milice coloniale – divers contes racontent comment les Marrons piégés se seraient jetés de la falaise du Morne plutôt que d’être repris, dans un acte désespéré mais héroïque afin d’échapper à l’oppression pour obtenir La ‘liberté’.” (Bakker & Odendaal, 2008, p. 229). Les auteurs mentionnent également la version des soldats anglais qui sont montés mais n’en tirent pas de conclusions quant à savoir quelle  version serait la bonne.

abolishment of slaveryNous postulons que l’histoire des soldats anglais qui montent, pour  donner la “bonne” nouvelle, a été fabriquée pour cacher ce qui suit: 1) l’esclavage illégal était toujours en cours pendant une trentaine d’années ou plus après l’abolition officielle à Maurice et 2) pour cacher l’intervention des colons français ou propriétaires d’esclaves qui détenaient encore le pouvoir réel. Par conséquent, il était probablement plus dans l’intérêt des politiciens et des propriétaires fonciers au pouvoir à l’époque d’inventer une telle histoire pour camoufler les faits en donnant aux Anglais le beau rôle, alors que cela aurait été  l’œuvre des Français en quête de revanche contre les pillards. Cela a complètement été soustrait dans cette histoire.

Nous avons informé les autorités en 2008 sur les incohérences entre ces deux versions si différentes du récit de ce qui aurait causé le massacre de tant d’esclaves. Malheureusement, on nous a dit de garder le silence à propos de la version que nous avions apprise, à savoir que c’est un acte de trahison qui a provoqué ce massacre. On nous a dit que ce n’est que de l’histoire orale et qu’une histoire avec laquelle les gens s’identifient ne doit pas forcément être tout à fait exacte. Nous n’avons pas acquiescé et nous avons essayé de faire comprendre que si l’histoire des soldats anglais n’est pas vraie, alors les gens méritent de connaître la vérité. Nous avons aussi appris, des propos des descendants, ceux qui sont marqués par l’esclavage, que s’ils avaient su la vérité et avaient réalisé qu’ils descendent d’hommes et de femmes qui ne craignaient pas les gens “blancs”, qu’eux-mêmes n’auraient pas eu besoin d’avoir peur des blancs, et que leur vie en serait très différente. Au lieu de cela ils ont été élevés dans la peur et l’infériorité envers les blancs qui ont ainsi incarné l’archétype socio-économique et spirituel dominant.

 

COMMENT HONORER L’HERITAGE DES MARRONS

Photo crédit: Francois Odendaal

Photo crédit: Francois Odendaal

Nous pensons en tant que thérapeutes et catalyseurs de transformation que la blessure collective et son impact ne sauraient guérir correctement sauf si les gens sont libérés des mensonges qui ont donné lieu à cette blessure. Ces blessures sont transmises aux générations suivantes par l’intermédiaire de notre psyché collective et les scénarios des archétypes qui sont de nouveau actés entre les gens dans la société. Une grande partie de cette remise en scène des anciens scénarios se fait inconsciemment.[3] Voilà pourquoi il est essentiel pour les gens quelque soit leur ethnie, de prendre conscience de ces archétypes en eux et de savoir comment devenir un Marron de leur propre vie dans le refus de succomber à nos pathologies collectives. Lisez ci-après cet article du Dr Kurt Barnes pour plus d’informations sur les impacts psychologiques.

cover article kurt barnesNous estimons qu’il est donc nécessaire de partager les histoires qui ont été exclues du courant prédominant de la société. Chacun d’entre nous fait partie de ce patrimoine d’une manière ou d’une autre, car l’histoire de ce qui est arrivé se répète à travers l’humanité de manières différentes. L’histoire officielle des soldats anglais qui montent apporter la bonne nouvelle est encore la seule histoire racontée aux enfants de l’île Maurice dans leurs livres scolaires. Il est temps que cela change.  Sur la base de nos entretiens avec les descendants des esclaves et Marrons nous avons compris que les colons ont en fait attaqué ladite “République des Marrons” pour se venger et ancrer en eux la peur perpétuelle du ‘maître’ à ceux sur le point d’être libres ainsi qu’à leur descendance. [4] Libres de corps mais toujours subjugués dans l’esprit, certains se rappelleront que, dans les manuels scolaires de l’île Maurice une histoire était contée au sujet de la subjugation d’un esclave avec une hache sur le point de frapper, par le simple regard du maître!

 À suivre:  A Trilogy – 2. Lost in Paradise, the Maroon Quest (traduction française bientôt en ligne)

REMERCIEMENTS

Notre sincère gratitude et reconnaissance à Karl Lamarque et al. pour avoir maintenu et préservé les transmissions orales et assuré la survie de cet important patrimoine en conformité avec les valeurs que cela représente.

AUTEURS: Cet article a été écrit par Kurt Barnes et Anneloes Smitsman. Les Droits d’auteurs restent la propriété des auteurs. Vous êtes autorisé à partager en citant les auteurs comme ci-après:

Citation: Barnes, K. & Smitsman, A. (2016). Trilogie – 1. La chute et la Reine des Marrons. EARTHwise Centre. Source: http://earthwisecentre.org/general/trilogie-1-la-chute-et-la-reine-des-marrons/

Crédit photo: Axel Ruhomaully pour sa création de cette magnifique image de la vue aérienne du Morne. Nous le remercions de son autorisation à utiliser sa photo dans l’article. Pour plus d’informations sur son œuvre, cliquez ici. 

N.B. For the English version click here

Notes

[1] La population au recensement se composait de trois catégories: les blancs, les libres (d’origines divers tel africains, indiens, affranchis, nés libres ou métis) et des esclaves (africains ou indiens).

[2] Deux des témoignages des anciens le pêcheur ton Louis Stephen Auguste et tantine Marie Marguerite Dony seront bientôt misent en ligne.

[3] Berne, E. (1984). Des jeux et des hommes, Paris, Stock.

[4] La terminologie ” République des Marrons” a probablement été utilisée par les savants et ceux qui décrivent les mouvements de Marronnage à Maurice en particulier décrite à l’époque que nous nommons “la parodie de la libération” pendant la période où la France elle-même devient une République (de 1779 au 20 mai 1803).  Nous nous interpellons pour savoir si oui ou non les Marrons s’identifiaient en tant que “République des Marrons”. D’autant plus qu’on doit considérer que ces Marrons étaient pour la plupart d’origine africaine et même indienne, où la structure de gouvernance traditionnelle avait pour fondement des royautés. De même le terme “République des Marrons” apparaît sur le site Web de l’UNESCO où il est mentionné: “.. Maurice, une étape importante dans le commerce des esclaves, a même été connue comme la “République des Marrons” à cause du nombre important d’esclaves échappés qui s’étaient installés sur la montagne du Morne.” Source: http://whc.unesco.org/fr/list/1259

 

References
  • Bakker, K.A. and Odendaal, F. (2008). Managing heritage in a contested space: the case of Le Morne Cultural Landscape in Mauritius. SAJAH, 23, pp. 225–244.
  • Berne, E. (1984). Des jeux et des hommes, Paris, Stock.
  • De l’Estrac, J.C. (2004). Mauriciens – Enfants de Mille Races au temps de l’île de France. Mauritius.
  • Le Morne Heritage Trust Fund (LMHTF) &  Ministry of Arts and Culture. (2014). Le Morne Cultural Landscape Management Plan. 1. Integrated Management Plan 2014-2019.
  • Mauritian Archeology. Stanford University. Source: https://sites.stanford.edu/MauritianArchaeology/history
  • Peerthum, S. (2006). The historical significance of Le Morne. L’Express, 31 January 2006.
  • UNESCO. World Heritage List – Le Morne Cultural Landscape. Source: http://whc.unesco.org/fr/list/1259